Divagations nocturnes autours d'un film.
Pour moi avant toute chose, il faut définir le sujet de ce film. Première apparence : le racisme. Sous toute ces formes et ses nuances. Pas si sûr. Un peu simpliste. Pour moi, le vrai sujet de ce film est dans le titre : collision.
Dans les grandes mégalopoles, où nous nous retrouvons tous si proches, et si différents, comment nous atteindre ? Apparemment on ne peut pas se frôler, car cela demande à la fois de la confiance en l’autre mais également en soi-même. Cette confiance n’existe pas. La peur de l’autre, c’est la peur de ce qui est différent, qu’on ne connaît pas, mais qu’on ne veut pas connaître (et qu’on finit par classer, car les catégories sont rassurantes : un arabe, un latino, un négro… le délit de faciès fini par primer sur les vrais origines). C’est aussi l’incompréhension entre plusieurs cultures, qui, même si elles parlent la même langue, ne parlent pas le même langage. C’est enfin la peur de ces propres réactions (mieux vaut froisser une « mexicaine » ou une « noire » –soi-disant incompétente- en la traitant du suffixe qui convient, plutôt qu’avouer qu’on souffre, d’une mère qui ne vous aime pas assez ou d’un père malade). La peur mène au préjugé, le préjugé à la peur, et tout semble figé dans ces clivages auto entretenus.
Mais pourquoi cette peur ?
Car l’être humain a besoin de l’autre. Il est malheureux seul. Plus encore : il n’a de cesse de chercher la reconnaissance de l’autre. Il se place alors dans le jugement. Jugement de soi d’abord (suis-je digne d’être apprécié ?), et puis finalement de l’autre (puisque tu ne m’apprécie pas d’emblé et inconditionnellement, c’est que c’est toi qui est dans l’erreur). C’est ainsi, qu’on sombre dans la prédominance des apparences et finalement... les préjugés et la peur !
L’homme cherche donc le contact, mais s’en prive lui-même, et dans ces conditions, il ne peut l’obtenir que dans le choc frontal : la collision.
Et c’est selon moi, le vrai sujet de ce film.
Ces gens se rentrent dedans. Dans tous les sens du terme et parce qu’ils ne savent pas faire autrement.
Cela révèle, de bons, de mauvais côtés. Peu importe finalement. Ces collisions permettent de dépasser le préjugé et de faire la connaissance de l’autre.
Pour moi, pas de leçon, dans ce film. Pas d’ouverture. Il fait un constat simple et répété. Sans que l’on puisse dire s’il est bon ou mauvais, optimiste ou pessimiste. Simplement le constat de nos vies d’hommes dans notre monde moderne, quelque part en un point du globe.